Florent Manaudou: Paris 2024, "si je me donne les moyens, c'est faisable"

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Présent au centre aquatique de Noisy-le-Grand pour découvrir le swimcross, une discipline qui mèle natation et exercices terrestres, Florent Manaudou nous fait part de sa nouvelle vie en dehors des bassins, du handball et de Paris 2024.

Pompes, longueurs, squats, traversées de boudins gonflables... Pendant 45 minutes, Florent Manaudou s'est essayé au swimcross, une nouvelle discipline aquatique proche du bootcamp. Malgré son genou endolori, le champion olympique du 50 mètres aux Jeux olympiques de Londres a survolé les épreuves, toujours aussi à l'aise dans son maillot de bain.  

Pourtant, à bientôt 27 ans, le Français est retraité des bassins et entame sa nouvelle carrière de handballeur. Depuis un peu moins d'un an, il évolue en nationale 2 à Aix-en-Provence, dans l'équipe réserve du Pays d'Aix Université Club Handball. Pendant son temps libre, Florent Manaudou profite de la vie entre la gestion de son restaurant, ses passages dans une série télé (Munch sur TF1) mais aussi ses balades en bateau. C'est en maillot de bain et encore mouillé que le petit -1,99m- frère de Laure Manaudou, a répondu aux questions de L'Express Tendances. 

Qu'avez-vous pensé du swimcross? 

Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi dur, je pensais que j'allais avoir plus de facilités parce que je suis nageur, mais ces 45 minutes étaient assez physiques. C'est une bonne discipline car les exercices dans l'eau et en-dehors permettent de faire travailler tout le corps. C'est aussi un peu plus ludique que la natation, même si les deux disciplines sont assez différentes. En termes de sports aquatiques, cela peut être une bonne alternative à la natation.  

Comment se passe votre vie en-dehors des bassins? 

Super bien! Je prends du plaisir, je fais à peu près ce que je veux, même si à l'époque je faisais ce que je voulais car j'aimais ça. J'ai plus de temps libre pour moi. En ce moment, je suis blessé, ce qui est normal pour un nageur qui évolue sur le milieu terrestre.  

Vous êtes maintenant handballeur, comment se déroule votre reconversion? 

Plutôt bien, j'ai réalisé une première saison de novembre 2016 à fin mai 2017 pour réapprendre les bases. C'était un peu compliqué car il fallait retenir énormément d'informations, que ce soit sur mon corps ou des tactiques de jeu. Les vacances m'ont fait beaucoup de bien. J'ai réussi à digérer toutes ces données avant de reprendre l'entraînement début août, ce qui m'a permis d'avoir des automatismes. Malheureusement, je dois m'arrêter un mois pour une tendinite au tendon rotulien alors que la saison vient de reprendre... Cependant je serai dans les tribunes pour soutenir mes coéquipiers. 

Vous vous êtes fixé des objectifs à atteindre?  

Non pas vraiment, j'ai surtout envie de me faire plaisir. Bien sûr, j'aimerais atteindre le haut niveau, mais peut-être que je resterai en nationale 2 [4e division]. On verra au fil des années, c'est dur de se projeter. Je veux déjà atteindre mon meilleur niveau. Je ne me fais pas d'illusions, je sais que l'équipe de France est inatteignable, tout comme la première division.  

Vous vous entraîniez six à sept heures par jour quand vous étiez nageur. Les entraînements sont-ils aussi intenses aujourd'hui? 

C'est plus cool car le handball est un jeu, la natation est surtout un dépassement de soi. Les sports collectifs sont ludiques donc les heures passent beaucoup plus vites. Après, c'est tout aussi prenant car je fais des allers/retours entre Marseille et Aix-en-Provence, je dois me reposer après les entraînements, garder une alimentation équilibrée... Il n'y a pas que les heures d'entraînement qui comptent pour être performant, il faut également cette cohérence autour.  

Les jeux de 2024 ont été attribués à Paris, qu'est-ce que cela vous inspire? 

Après les échecs de 2008 et 2012, c'est une très bonne chose d'avoir obtenu ces Jeux. En natation, c'est également positif car cela va permettre la construction d'un bassin digne de ce nom en France. Quand je vois que le bassin de Budapest, qui a accueilli les championnats du monde en 2017, a été construit en seulement deux ans, ça donne vraiment envie. Niveau infrastructures, il va y avoir de nouveaux logements, de meilleurs accès pour les handicapés, des nouvelles lignes de métro, plein de bonnes choses. J'ai entendu que 90% des infrastructures était déjà construites [93% selon la commission d'évaluation], donc on ne devrait pas dépenser trop d'argent. Et puis le sport est l'une des dernières choses qui fasse rêver les Français. Je pense qu'ils vont se régaler.  

Souhaitez-vous y prendre part? 

Oui, j'en ai envie. Après, je ne sais pas de quelle manière. Je sais déjà que je ne serai pas trop vieux pour faire du sport: je n'aurai que 33 ans. Si je me donne les moyens, c'est faisable. Or, il faut vraiment avoir envie de se lever tous les matins pour nager car ce n'est pas un sport où on joue. On verra ça dans deux ou trois ans. 

Dans trois ans, ce sont les JO de Tokyo, on peut compter sur vous? 

Non, pas du tout. J'ai besoin d'un break, et non pas d'une pause de six mois ou d'un an. J'ai vraiment envie de construire des choses, de toucher à tout, de voir ce qui me plaît dans la vie car quand on est sportif, on est dirigé de A à Z par les coachs et tout le staff. Aujourd'hui, j'ai ouvert un restaurant [La Piscine à Marseille], je fais de la guitare, de la comédie [il joue dans la série Munch de TF1], j'ai passé mes permis moto et bateau... Une fois que j'aurai fait tout ce dont j'ai envie, peut-être que je retournerai dans les bassins. 

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